En hommage à Arthur Rimbaud, François-René Duchâble et Alain Carré se lancent à la poursuite de « l’homme aux semelles de vent »…
Dès l’âge de dix ans, le génie inclassable d’Arthur Rimbaud éclate dans ses travaux scolaires en français, en vieux français, en latin et en grec. A quinze ans, il imagine un dialogue entre Charles d’Orléans et Louis XI pour la défense de François Villon et la condition des poètes.
Dix-sept ans, appelé à la vie de « bohême », la guerre de 1870 brise une jeunesse folle. Le génie connaît l’horreur, la douleur d’être différent. « Effaré », il se mêle aux plus démunis. Rimbaud est ailleurs… Visionnaire, il renie. Il coupe court avec la famille, l’école, la littérature de ses « maîtres », la religion. S’il rit, il en souffre et s’il souffre, il s’en moque. « Voleur de feu », il devient voyant. Unique ! Â dix-huit ans… Il colore la puissance des « voyelles », vit d’ivresse, seul maître à bord de son vaisseau.
Dix-neuf ans ! Bruxelles… Verlaine crie : « Rimbaud aux enfers ». Bête traquée après sa rupture avec Verlaine qui est en prison, « l’époux infernal » a dix-neuf ans et s’apprête à écrire l’ouvrage dont son sort dépend… « Quelques hideux feuillets détachés de son carnet de damné ». Sans doute en a-t-il trop vu ? Dans les brûlures d’« Une Saison en Enfer », il refuse de croire à sa perte. Il avance seul en quête de la lumière. Trouver l’issue du labyrinthe… On ne demeure en Enfer qu’une saison ! Et sans arrêt, des reflets d’évangile, des souvenirs de bonté, des désirs de musiques hantent sa pensée, comme un bonheur possible. Bientôt « Les Illuminations »… les visions hallucinées qui viendront, papillons éblouis par le soleil, se briser les ailes contre les vitres de l’échec avant le dernier voyage vers l’Ethiopie et la correspondance des déserts…
Partout la musique suit Arthur Rimbaud dans ses vers, dans sa prose… ou le précède.
C’est cette recherche qui a passionné Alain Carré (dans le rôle de Rimbaud) et qui l’a poussé à proposer à François-René Duchâble de le suivre dans cette aventure symbolique et symboliste ! Des visions, il y en a aussi chez les compositeurs qui alimentent cette création : Liszt, Beethoven, Ravel…